La presque totalité des travaux portant sur des locaux d'habitation achevés
depuis plus de deux ans sont soumis au taux de TVA réduit à 5,5%
Les locaux concernés
Le taux réduit de TVA (5,50%) concerne les locaux d’habitation (maisons
individuelles ou logements situés dans des immeubles collectifs), ainsi que
leurs dépendances habituelles (cave, garage, loggias, etc.).
L’immeuble doit être achevé depuis plus de deux ans à la date de début
des travaux. Sauf s’il s’agit de travaux d’urgence (plomberie en cas de
fuite, serrurerie en cas d’effraction, etc.).
Aucune autre condition n’est exigée : le local peut être nu ou meublé,
occupé ou vacant, occupé par le propriétaire ou par un locataire, à usage
d’habitation principale ou secondaire, etc.
Le contribuable peut également bénéficier du taux réduit de TVA quand les
travaux sont réalisés non pas sur le logement lui-même mais sur le terrain
qu’il occupe. Exemple : travaux de revêtement d’une voie privative, réfection
d’une clôture, travaux de raccordement aux réseaux publics, etc. Mais la
loi exclut les installations sportives du type piscine, tennis, etc.
Locaux mixtes
Il peut arriver qu’un local soit utilisé à la fois pour l’habitation et
pour une activité professionnelle, industrielle ou commerciale. Quand plus de
la moitié de la surface est affectée à l’habitation, l’ensemble des
travaux réalisés dans le local bénéficient du taux réduit. Si cette
condition n’est pas respectée, les travaux portant sur les surfaces
d’habitation restent soumis au taux réduit.
Parties communes et copropriété
Un principe analogue s’applique aux parties communes des immeubles
collectifs. Quand la proportion des locaux affectés totalement ou
principalement à l’habitation est égale ou supérieure à 50%,
l’ensemble des travaux portant sur les parties communes bénéficient du
taux réduit de TVA.
Quand la proportion est inférieure à 50%, la TVA est calculée en fonction
de cette proportion.
Transformation
Le taux réduit s’applique également aux travaux qui transforment un local
achevé depuis plus de deux ans en local d’habitation.
Les travaux concernés
Le taux réduit de TVA s’applique à l’ensemble des travaux d’amélioration,
de transformation, d’aménagement et d’entretien, ainsi qu’à la
fourniture des équipements et matières premières nécessaires, à condition
que ces équipements et matières premières soient facturés par
l’entreprise.
Sont donc soumis au taux réduit : les prestations de main d’œuvre; les
matières premières et fournitures nécessaires à la réalisation des
travaux (béton, ciment, plâtre, carrelage, parquet, produits de traitement,
papiers-peints, tuyaux, fils électriques, etc.); les équipements sanitaires
(baignoire, robinets, WC, etc.); les appareils de chauffage, de production
d’eau chaude, de ventilation et de climatisation fixes (chaudière, cuves,
radiateurs, adoucisseurs d’eau, ballons, inserts, etc.), les systèmes
d’ouverture du logement (fenêtres, volets, portes blindées, poignées,
stores, etc.); les équipements de sécurité (alarmes, digicode, interphone,
serrures, détecteurs de fumée, etc.); les équipements électriques
(tableaux électriques, prises, interrupteurs, etc.); les équipements divers
(antennes de télévision, parabole, cheminée, boîtes aux lettres, etc.).
Ces dépenses sont donc passibles du taux réduit de TVA, y compris quand
elles résultent d’un contrat de maintenance (chaudière, ascenseurs, etc.).
En revanche, les matières premières, fournitures et équipements restent
soumis au taux normal de 19,6% si le client les achète directement.
Restent également soumis au taux normal, même s’ils sont fournis par
l’entreprise, les gros appareils de chauffage installés dans des immeubles
collectifs, les saunas, les matériels de chauffage mobile, les ascenseurs, et
naturellement les appareils ménagers et les équipements mobiliers (éléments
de cuisine, coffres-forts, etc.).
Sont enfin exclus du dispositif tous les travaux d’entretien et d’aménagement
des espaces verts.
Formalités et sanctions
Pour bénéficier du taux réduit de TVA, le client devra fournir, avant le début
des travaux, une attestation sur papier libre, datée et signée, mentionnant
que l’immeuble est achevé depuis plus de deux ans et qu’il est affecté
totalement ou principalement à l’habitation. Attestation que l’entreprise
devra conserver avec sa comptabilité et produire sur demande des services
fiscaux.
L’entrepreneur peut facturer au taux réduit sans attestation pour les
travaux d’urgence réalisés dans des locaux qui sont apparemment affectés
à l’habitation. Cette présomption d’affectation doit être mentionnée
sur la facture.
Naturellement, en cas de contrôle, le taux normal de TVA s’appliquera si
l’entreprise ne peut produire l’attestation ou si elle contient des
informations erronées. Dans cette dernière hypothèse, le paiement du complément
de TVA pourra être mis à la charge du client indélicat.